Les entreprises qui feront le monde de demain, pourquoi pas en Suisse

Aujourd’hui début 2016 un an après l’abandon du taux plancher, bientôt deux ans après l’initiative du 9 février, et une panne de croissance dans certains pays européens et asiatiques, les prévisions de croissance pour la Suisse sont assez faibles, à peine au-dessus de 1%.

La Suisse doit historiquement sa prospérité à la globalisation, mais le monde a changé, il est plus dur. Une partie des problèmes du monde se règle par des négociations entre les quelques Etats qui créent les standards, et ceux-ci défendent leurs intérêts farouchement et ces intérêts sont souvent divergeant de ceux de la Suisse.

Pour notre pays et certain parti politique, la tentation du repli est grande. Mais si l’on choisit l’isolement, il faut être conscient du prix à payer. Le repli, c’est l’appauvrissement. Un coût que certaines des initiatives populaires ont omis de souligner.

Nous avons besoin d’une Suisse pragmatique, qui doit aussi savoir mieux innover. Nous ne devons pas nous voiler la face, nous sommes à la traîne dans la révolution digitale. Ce n’est pas en Suisse que la finance et l’horlogerie se révolutionnent. Ce n’est pas en Suisse que nous inventons les services de demain par exemple dans l’économie du partage avec des modèles économiques de rupture. Le « logiciel » ne vient pas de Suisse, les développeurs y sont rares, et le processus de numérisation y est encore lent, dans les entreprises comme dans les administrations. La culture de l’entreprenariat est trop peu développée en Suisse en comparaison par exemple à la Silicon Valley ou à Israël où les capitaux se pressent pour investir.

Certain classement positionne la Suisse comme leader de l’innovation, mais j’affirme que c’est faux ! Ces classements célèbrent à juste titre notre place scientifique, nos chercheurs, nos brevets, ou notre stabilité politique. Mais cela ne fait pas de nous les champions de l’innovation. Nous sommes clairement en retrait dans la création de petites sociétés innovantes à forte croissance, capables d’inventer un marché mondial. Nos PME ne lèvent pas suffisamment de fonds pour se développer à l’international, créer des emplois, et poser les bases des multinationales de demain. Le renouvellement de notre tissu économique est en jeu. Ces PME façonnent la force industrielle de demain.

Les Etats-Unis ou Israël l’ont bien compris, et prennent de l’avance. En pourcentage du PIB par habitant, en Suisse, nous investissons cinq fois moins de capital-risque que les Etats-Unis, et dix fois moins qu’Israël ! En déficit chronique de capital-risque, la Suisse est donc logiquement à la peine dans l’innovation et les entreprises qui feront le monde de demain.

En conclusion, ce manque de financement pour l’économie innovante en Suisse pourrait évoluer. Il a de plus en plus d’entrepreneurs à succès qui deviennent eux-mêmes investisseurs dans des start-up, mais cette situation est basée sur la volonté de quelques personnes. L’idée à creuser et à soutenir est la création d’un Fonds suisse de l’innovation, Ce fond pourrait aussi être une alternative intéressante de placement par exemple pour les fonds de pension dans la mesure où les rendements des placements habituels (performance sur des marchés actions, immobiliers surchauffés, absence d’alternative obligataire) sont devenus très faibles. Les placements dans des startups innovantes via un fond doperaient l’innovation en Suisse, créeraient de la valeur, des emplois et nous positionnerait sur le marché des multinationales de demain, ceci permettrait aussi des bons rendements pour nos caisses de pension.

 

Frédéric Matthey

frederic.matthey.doret@gmail.com

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